L’histoire
d’IRÏA
J’ai toujours eu besoin de créer, mais rarement d’une seule manière.
J’aime penser une stratégie de communication autant que travailler
une matière, écrire sur un sujet qui m’interpelle, imaginer un univers
visuel ou passer des heures à essayer de comprendre comment fabriquer
quelque chose moi-même.
Pendant longtemps, j’ai eu tendance à considérer toutes ces envies
comme des projets différents.
Irïa est justement née de l’envie de les réunir.
Tricoter, crocheter, essayer, se tromper, défaire et recommencer.
Comprendre progressivement comment une matière réagit et voir quelque
chose apparaître là où, quelques heures auparavant, il n’y avait
qu’un fil.
C’est une manière de créer très différente de mon travail en
communication, et c’est probablement pour cela qu’elle m’attire autant.
Avec Irïa, j’ai envie de développer mes propres créations textiles,
mais aussi de montrer leur fabrication, leurs imperfections, les essais
et tout ce qui existe avant l’objet terminé.
Combien coûte réellement un vêtement ? Qui l’a fabriqué ?
Combien de temps a-t-il fallu ? D’où vient sa matière ?
Pourquoi avons-nous perdu la notion de ce que représente réellement
la fabrication de ce que nous portons ?
Mais la mode raconte aussi beaucoup plus que cela.
Elle parle de notre rapport au corps, de nos habitudes, de notre époque,
de notre manière de consommer, de ce que l’on veut montrer de nous
et parfois même de ce que l’on voudrait devenir.
C’est de cette curiosité qu’est née l’idée du magazine Irïa.
Je n’avais pas envie de créer un magazine qui parle simplement
des tendances ou des vêtements que l’on devrait acheter.
J’avais plutôt envie de partir de la mode pour aller ailleurs.
Parler d’environnement, de société, de culture, de savoir-faire,
d’économie ou de création. Comprendre pourquoi les choses sont faites
comme elles le sont et ce que cela raconte de notre époque.
En quelque sorte, utiliser la mode comme un prétexte pour poser
des questions.
Il y a mon travail en communication et les projets que j’accompagne.
Il y a les créations textiles que je développe. Il y aura le magazine,
avec toutes les questions que j’ai envie d’explorer.
Et probablement d’autres choses auxquelles je n’ai pas encore pensé.
C’est aussi pour cela que j’aime voir Irïa comme une maison plutôt
que comme une marque parfaitement définie.
Une maison peut accueillir plusieurs pièces, plusieurs univers
et évoluer avec ceux qui l’habitent.
en construction.
Et finalement, c’est peut-être la partie que je préfère.